Un secteur stratégique au cœur de la filière forêt-bois

La première transformation du bois constitue le maillon essentiel entre la forêt et les industries utilisatrices. En Bourgogne-Franche-Comté, ce secteur dynamique transforme les grumes issues des forêts régionales en produits finis et semi-finis destinés à la construction, l’ameublement et de nombreuses autres applications.

Le contexte de la scierie en région

Un territoire forestier caractérisé par une ressource de qualité

Avec 1,75 million d’hectares de forêt, soit 37% de son territoire, la Bourgogne-Franche-Comté dispose d’un patrimoine forestier remarquable. Cette ressource abondante et diversifiée permet le développement d’une industrie de première transformation dynamique.

La diversité en essences et la qualité des bois permet aux scieries locales de proposer une large gamme de produits adaptés aux différents marchés.

Une industrie de proximité

Les unités qui réalisent la première transformation du bois sont souvent situées à proximité des massifs forestiers. Cette implantation géographique stratégique optimise les coûts de transport et renforce l’ancrage territorial de l’activité. On dénombre environ 200 scieries en Bourgogne Franche-Comté.

Les scieries régionales traitent principalement les bois locaux, contribuant ainsi à la valorisation de la ressource forestière bourguignonne et franc-comtoise tout en maintenant une empreinte carbone réduite.

Un secteur économique dynamique

Premier employeur de la filière

Le sciage et travail du bois est la première activité de la filière en matière d’emploi, avec un quart de la main-d’œuvre salariée. En 2021, ce secteur représentait près de 6 200 postes salariés 455 établissements, confirmant son rôle structurant pour l’économie régionale.

Cette activité, principalement située dans les territoires ruraux, contribue significativement à leur dynamisme en offrant des emplois de proximité et en maintenant une activité économique sur l’ensemble du territoire.

Des volumes de production significatifs

Avec environ 1,4 million de m³ sciés en 2023 soit 18 % du total national, la Bourgogne-Franche-Comté est la 3ème région française en termes de volumes sciés.

La production se répartit entre :

  • 80% de sciages de résineux, notamment sapin-épicéa et douglas, destinés principalement au marché de la construction
  • 20% de sciages de feuillus, avec une prédominance du chêne, suivi du hêtre et du peuplier. Les sciages des feuillus alimentent des marchés variés : merranderie tonnellerie, aménagement intérieurs, emballage, etc. À noter également la présence dans la région d’une activité de déroulage de hêtre et de peuplier.

Les spécialisations régionales

Le chêne, une excellence reconnue

La région Bourgogne-Franche-Comté se démarque par sa production de chêne de qualité. Elle est la première région productrice de sciage de chêne. En 2023, 31% de la production nationale est réalisée en région. Les chênaies de région sont largement reconnues pour leur qualité. Un quart de la production nationale de merrain est issue de la région et alimente la filière de la tonnellerie.

Des résineux de qualité

La Bourgogne-Franche-Comté s’illustre également par l’excellence de ses résineux. La région réalise 20% de la production nationale de sciages de sapin/épicéa et 29% pour le douglas, témoignant de l’importance de cette ressource.

Les sapins et épicéas du Jura bénéficient d’une reconnaissance particulière pour leurs qualités mécaniques exceptionnelles. Cette excellence se traduit par l’obtention d’une AOC, distinguant ces bois pour leurs propriétés techniques remarquables liées aux conditions de croissance spécifiques du massif jurassien.

Dans le Morvan, le douglas illustre parfaitement une introduction d’essence réussie. Ce bois de qualité s’est particulièrement distingué par sa durabilité naturelle et ses performances en aménagement extérieur, ouvrant de nouveaux débouchés pour la filière régionale.

Une économie circulaire performante

Valorisation optimale de la matière

Le sciage de grumes génère naturellement des volumes importants de co-produits : chutes, plaquettes, sciures et écorces. Loin d’être considérés comme des déchets, ces sous-produits sont aujourd’hui de plus en plus valorisés dans des process innovants.

Les scieries modernes intègrent désormais des chaufferies bois ou des installations de cogénération qui alimentent directement leurs séchoirs à sciages, optimisant ainsi leur autonomie énergétique. Les sciures et copeaux trouvent également de nouveaux débouchés dans la fabrication de pellets ou granulés, répondant à la demande croissante du marché du chauffage domestique.

Cette approche circulaire permet une valorisation optimale de chaque partie de l’arbre, contribuant à l’équilibre économique des entreprises tout en réduisant leur empreinte environnementale.

Innovation et modernisation

Les entreprises de première transformation font preuve d’un remarquable dynamisme en se modernisant continuellement. Cette évolution se traduit par une amélioration des conditions de travail et l’intégration croissante d’activités de deuxième transformation pour produire des produits techniques à forte valeur ajoutée : bois collé, abouté, contrecollé, thermotraité, usiné ou raboté. Cette montée en gamme permet aux entreprises régionales de se positionner sur des marchés de niche et de fixer davantage de valeur ajoutée sur le territoire, renforçant ainsi leur compétitivité et leur résilience économique.

Bientôt des lames de terrasse en sapin ?

Une étude portée par Fibois BFC, en partenariat avec le FCBA, a permis de démontrer l’imprégnabilité du sapin du Jura, lui permettant un accès potentiel à la Classe 4 et des usages en extérieur au contact de l’eau. Le projet « Abstrafour », en cours actuellement, tend à prouver cette classe d’emploi 4 à l’échelle nationale, en complétant l’échantillonnage avec des sapins des autres régions françaises.

Des hêtres de qualité

Le département de la Haute-Saône (70) et le Châtillonnais (21) se démarquent par leur ressource en hêtre de qualité. Leur bois est apprécié pour la production de carrelets, destinés à l’aménagement intérieur ou à la production de moulins à poivre et à sel.

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